dimanche 30 décembre 2012

Quelques pensées partagées depuis"l'autre bout du monde"avant ma prochaine échappée. (22/06/12)

Ici le végétal me semble régner sur toute chose, comme si aucune limite n'existait, comme si cette mystérieuse matière vivante désirait me protéger en son sein, de toutes ses forces, jusqu'à la mort de mes semblables, jusqu'à ce qu'elle devienne l'absolu terrestre, sinon jusqu'à sa dernière agonie.

Libéré de toute crainte lorsque j'emprunte les sentiers, aucune barrière ne vient ternir mes expériences. L'ignorance est une page blanche très vite remplie par la poésie des découvertes. Cependant, un millier de vers des plus passionnés ne sauraient retranscrire la splendeur, ni même la richesse de tout ce vert végétal.

J'irai mourir et me décomposer au pied d'un de ces immenses manguiers sauvages, ma chair et mes organes nécrosés alimenteront la vie sous toutes ses formes. Lorsque je disparaîtrai, il y aura synergie des éléments, puis harmonieusement la nature disposera de mon enveloppe.
Mes dernières poussières intégreront l'écorce, la branche, le bourgeon, la feuille et le fruit.
Grand Cycle symbolisant l'éternité, penser que l'on peut s'y soustraire est illusoire. L'homme a peur de la mort comme de l'obscurité insondable, simplement car tous deux dissimulent l'inconnu.

J'éprouve une grande admiration pour les plantes sauvages, les animaux et les paysages.
Ma confiance est en la nature originelle, je me méfie de la civilisation sous toutes ses formes, elle ne m'inspire pas, c'est en moi, je reste sans regret de m'en éloigner.
La voilà aujourd'hui conquérante du globe, cette civilisation qui juge et tyrannise, jalouse et convoite, souffre et subit, s'égare et s'affole, se débat et s'essouffle, n'est majoritairement qu'absurdité, avant de s'effondrer d'elle-même.

Je suis un solitaire, un invisible de passage, qui en fin de compte vit sa réalité dans son propre monde, instinctivement déconnecté du reste.

Au milieu de la jungle luxuriante, trempé d'humidité, et achevé lors des ascensions interminables, je ne peux m'empêcher de penser au contraste que projette la vie sur l'existence. Je vis au gré des bouleversements comme au gré des vagues, sans jamais demeurer foncièrement le même, l'adaptation est une nécessité.

Aujourd'hui aux Antilles, hier en Andalousie, entre-temps sur Toulouse, demain réserve la continuité.

Adrien

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